Culture Club #02 :
« Break de chasse » ou « shooting brake » ?

Volvo P1800 ES "break de chasse"

Attention, le mot break est un faux ami qui fait bien rire nos amis anglais car, en Angleterre break se dit estate.

 

Définition du shooting brake :

Shooting brake vient probablement du verbe anglais to brake qui signifie dresser. Au 19ème siècle, un brake était un véhicule hippomobile (une carriole, donc…) servant à dresser les chevaux à l’attelage. C’est devenu ensuite un véhicule attelé ouvert, doté de 2 banquettes longitudinales se faisant face. Il servait au transport des chasseurs et de leurs fusils. Or, tirer se disant to shoot, c’est donc l’origine de l’appellation shooting brake. En France, nous l’avons judicieusement traduite par break de chasse alors qu’aujourd’hui ces véhicules transportent plutôt des sacs de golf…

Mais c’est là que les choses se corsent et que plusieurs hypothèses s’affrontent :

C’est quoi un break de chasse ?

Certains affirment qu’un break de chasse est la transformation artisanale d’un véhicule de luxe en véhicule utilitaire. Cette définition est effectivement valable jusqu’aux années 60. Avant cette date, les châssis de luxe étaient, le plus souvent, carrossés à l’unité. Une fois démodés, certains propriétaires n’hésitaient pas à les faire re-carrosser en véhicule de loisirs.

D’autres englobent dans cette famille des coupés dotés d’un hayon comme la MGB ou la Jensen FF. Mais ce ne sont, en réalité, que des coupés fastback.

Break de chasse
Lancia Beta HPE « break de chasse »

Quant à moi, je considère qu’il ne peut s’agir que de la version break d’un coupé et donc munie de 2 portes. Le coupé originel doit donc être un véhicule plutôt sportif et/ou haut de gamme. Sinon, le break Austin Allegro et la DAF 55 break pourraient intégrer cette catégorie et ce serait dramatique !

Un spécialiste des breaks de chasse, Pascal Mathieu, me confiait récemment que, quelle que soit la définition retenue, on trouverait toujours un véhicule n’y correspondant pas !

Avec ma définition, le nombre de véhicules de série pouvant être qualifiés de break de chasse se réduit alors comme peau de chagrin ! Pour ma part, je n’en accepte que 3 : La Volvo P1800 ES, la Reliant Scimitar et la Lancia Beta HPE. Certaines Aston-Martin ( notamment les DB5 par Radford ) et surtout les Jaguar XJ-S Eventer transformées par Lynx doivent évidemment intégrer cette courte liste.

Et les autres alors ?

Il reste cependant le cas épineux des BMW Z3 coupé, Volvo 480 et Honda Accord Aerodeck. Le 1er est dérivé d’un cabriolet et les 2 autres sont des modèles à part entière. Je les qualifierais plutôt  de coupés-breaks et j’attends avec impatience vos avis éclairés sur la question…

Break de chasse
Reliant Scimitar « break de chasse »

On peut se demander pourquoi ce style de carrosserie si élégant n’a pas rencontré plus de succès. Les carrossiers ont pourtant proposé aux constructeurs de nombreuses versions break de chasse de leurs modèles. Mais, existe-t-il une clientèle suffisante pour un véhicule avec une grande surface de chargement à l’arrière mais doté seulement de 2 portes ? Ou bien, est-ce dû au snobisme revendiqué de ces modèles ?

Quoi qu’il en soit, on peut constater que cette appellation est aujourd’hui (re)devenue à la mode. Au point que certains constructeurs (comme Mercedes avec ses CLA et CLS break) l’utilisent désormais comme argument marketing. De nombreux journalistes qualifient aussi de break de chasse des modèles qui ne sont pourtant que des breaks élégants…

Nous ferons bientôt le point sur les keijidoshas, les cyclecars et autres micro-voitures