Portrait d’Icône #01 :
YAMAHA 500 XT 1976,
« La conquête de l’espace »…

Yamaha XT 500 1976 - photographie Marianne Waquier

C’est un des slogans publicitaires utilisés par Yamaha pour promouvoir la 500 XT durant sa longue carrière.

 

Et il n’y a pas tromperie sur la marchandise car cette moto peut conquérir tous les espaces : Des chemins accidentés aux rues des villes en passant par les destinations lointaines ! Elle est à l’origine du concept de trail-bike (trail signifiant chemin en anglais). A savoir, une moto de tout-terrain adaptée à la route. C’est tout l’inverse de ce qui se faisait alors…

L’air du temps…

Car, dans les années 50, les motards qui désiraient s’échapper du bitume avaient déjà commencé à modifier leurs motos : Des pneus mixtes, un guidon large et un pot d’échappement haut et c’était à peu près tout. Ils avaient inventé le scrambler ! Mais ces motos restaient lourdes et peu adaptées à la pratique du tout-terrain. Dans les années 60, des motos plus adaptées apparaissent  comme la Yamaha 250 DT-1. Mais elles sont toutes propulsées par des moteurs 2-temps et leurs caractéristiques ne leurs permettent pas une grande polyvalence. De plus, au début des années 70, les législations environnementales américaines se durcissent et restreignent l’utilisation de ces motos.

En 1972, Honda grille la politesse à Yamaha en présentant la 250 XL 4 temps. Il est temps de réagir !

Un air de déjà-vu…

Yamaha XT 500 1976 – photographie Marianne Waquier

Un ingénieur automobile japonais, Shunji Tanaka, est chargé de relever le défi en créant un plus gros mono-cylindre afin d’augmenter son rayon d’action. Pour ce faire, il décide de s’inspirer de la BSA 441 Victor – un mono routier de 450 cm3 – en la modernisant et la fiabilisant. La version compétition de ce modèle avait remporté le championnat du monde de moto-cross en 1964 et 1965 avec Jeff Smith à son guidon. Mais Yamaha n’a pas encore la culture du 4-temps et peine à mettre au point ce moteur. Elle fait alors appel à Shiro Nakamuro, un autre transfuge du département automobile. Et en 1975 la Yamaha 500 XT, enfin prête, est présentée à Las Vegas. 

Quelques français ont, très tôt, senti le potentiel de cette moto. Invité au Japon dès 1972, le rédacteur en chef de Moto-Journal, Guido Bettiol se montre très enthousiaste. Tout comme Jean-Claude Olivier, le célèbre patron de Yamaha France. En 1976, ce dernier ne voulant pas attendre l’importation du modèle en France, en achète 500 exemplaires au Canada et se charge de leur homologation. Ils se vendront tous entre Mars et Juillet 1976 !

Un parfum d’aventure…

Mais, comment la Yamaha 500 XT est-elle devenue un mythe ? Sa fiche technique n’a pourtant rien de révolutionnaire : Un cadre à simple berceau dédoublé sous le moteur et faisant office de réservoir d’huile, un gros mono-cylindre simple mais moderne car muni d’un arbre à cames en tête. Elle possède aussi des suspensions à grands débattements et des pneus mixtes. Son rapport poids/puissance (32 cv pour 139 kg à sec), sa qualité de fabrication et surtout la fiabilité japonaise assureront son succès. Et elle est en parfaite adéquation avec les aspirations de son époque : Le retour à la nature, l’envie de découvrir le monde et l’avènement de la civilisation des loisirs…

Ce qui a aussi contribué à assurer à la Yamaha 500 XT sa place au panthéon de la moto, c’est l’invention des rallye-raid. En 1977, le 1er Abidjan-Nice est remporté, en catégorie moto, par… une 500 XT pilotée par Gilles Comte. Elle gagnera également les 2 premiers Paris-Dakar en 1979 (un doublé) et 1980 (un quadruplé) avec Cyril Neveu à son guidon. Elle ne sera détrônée que l’année suivante par le puissant flat-twin BMW d’Hubert Auriol.

Dès lors, la 500 XT, grâce à sa simplicité et sa polyvalence, permettra aux aventuriers d’alors de parcourir le monde.

C’est à l’époque une moto abordable (environ 10 000 francs), simple, presque rustique. Son démarrage s’effectue exclusivement au kick et son système électrique restera en 6 volts jusqu’en 1986. Quant à son freinage, il incite à la prudence…

Un parfum d’éternité…

La Yamaha 500 XT est une success-story : En 15 ans de carrière, elle va s’écouler à plus de 61 500 exemplaires dont 17 884 en France. En 1978, elle donnera aussi naissance à la 500 SR, un modèle plus routier et une autre réussite commerciale. Elle est aujourd’hui devenue un collector dont les prix commencent à devenir déraisonnables.

Un bel exemplaire comme celui que nous vous présentons aujourd’hui ne se négocie pas en dessous de 8 000 €. Car il s’agit d’un des tous premiers modèles : Une “1E6” de 1976 avec seulement 22 000 km. On la reconnaît à son échappement passant sous le moteur et à son absence de hublot de point-mort haut. Elle provient des Etats-Unis, les 500 premières importées en France en 1976 étant devenues rarissimes. Selon leur état, les millésimes suivant se vendent, quant à eux, entre 3 500 € et 6 000€…

Yamaha XT 500 1976 – photographie Marianne Waquier

Et merci au club francilien dédié à la 500 XT pour son aide.

Le prochain Portrait d’Icône #02 sera consacré à la Norton Commando…