Auto-Portrait #03 :
Jean-Marie et sa BMW 1600 Cabriolet 1969,
« La nuit américaine »

Jean-Marie et sa BMW 1600 cabriolet 1969 - photographie Marianne Waquier

La “nuit américaine”, c’est la nuit artificielle recréée en plein jour par les techniciens de cinéma et dont notre photographe s’est inspirée pour illustrer cet article. C’est aussi le titre d’un beau film de François Truffaut…

 

Les BMW série 2 doivent aussi beaucoup à celui qui les a importées aux Etats-Unis. Nous consacrerons bientôt un portrait à cet homme méconnu.

Pourquoi une BMW 1600 cabriolet ?

Jean-Marie est un motard qui aime aussi les voitures. Mais il les préfère décapotables et de préférence non restaurées, dans un bel état d’origine. A 24 ans, il s’offre sa première voiture de collection, un magnifique roadster à 2 places sur lequel nous reviendrons bientôt. Quelques années plus tard, à la tête d’une tribu de 4 enfants, il se met à la recherche d’un cabriolet ancien à 5 places, allemand de préférence. Son choix se porte rapidement sur cette BMW 1600, le cabriolet Mercedes classe S de la même époque étant trop imposant, très complexe et surtout beaucoup plus onéreux.

Mais cette BMW n’a été produite qu’à 1681 exemplaires entre 1967 et 1971 ce qui en fait une des versions les plus rares de la série 02. Après quelques mois de recherches infructueuses, il en découvre une, garée devant le restaurant où il s’apprête à déjeuner avec des amis. Mais le restaurateur qui la possède n’est pas vendeur. Jean-Marie ne renonce pas et, 2 ans plus tard, l’affaire est enfin conclue. La voiture, dans un très beau “jus” nécessite cependant une reprise complète de la carrosserie pour être correctement préservée. Cette réfection prendra 3 ans (!) et ça ne fait donc que 2 ans que la famille peut en profiter.

Savez-vous que la série 02, aujourd’hui très recherchée, aurait pu ne jamais voir le jour ?

Les origines de la série “02” de BMW :

En effet, au lendemain de la guerre, BMW est à l’agonie. Si la production de motos a doucement redémarré dès 1945, la division automobile tente de survivre grâce à la fabrication sous licence d’ une micro-voiture, l’Isetta. Mais cette licence ne dégage pas de profits. C’est la petite 700, produite entre 1959 et 1965 qui sera la première BMW rentable de l’après-guerre.

BMW 1600 cabriolet 1969 – photographie Marianne Waquier

S’inspirant de l’exemple d’Alfa Romeo, BMW veut aussi proposer à la nouvelle “classe moyenne” européenne une berline moderne et dynamique. Herbert Quandt, représentant de la famille majoritaire au capital, croit au projet et se charge de convaincre les autres actionnaires. Et c’est par une majorité d’une seule voix que ceux-ci acceptent de donner à la firme les moyens de développer ce modèle ambitieux.

Que serait devenue BMW si la balance n’avait pas, ce jour-là, penché du bon côté ?

La pression est donc grande quand la “Neue Klasse” est présentée en 1961. Heureusement, cette berline est bien conçue et elle remporte un succès immédiat. Elle inaugure le fameux moteur 4 cylindres “M10” qui confirme la réputation de motoriste de BMW. Sa ligne, inspirée par Michelotti, doit cependant beaucoup au designer maison Wilhelm Hofmeister.

L’histoire de la BMW 1600 cabriolet :

En 1966, BMW qui fête ses 50 ans, décide d’épauler la “Neue Klasse” par la 1600-2 “Jubilé”. C’est un coach 2 portes qui se veut plus accessible, plus léger et surtout, plus sportif. Wilhelm Hofmeister est désormais seul au crayon mais il conserve certains des “gimmicks” stylistiques de la “Neue klasse” : Le dessin de la calandre inclinée à contresens, la baguette chromée qui ceinture la caisse et ce montant de custode dont la base revient vers l’avant. Ce détail, encore présent sur les BMW modernes, est aujourd’hui appelé “pli Hofmeister”.

La série 02 reconduit le 4 cylindres “M10” en 1,6, 1,8, et 2 litres. Dotée de 4 roues indépendantes et de freins à disques à l’avant, elle s’impose comme l’une des meilleures berlines sportives de son époque et installe l’image de BMW pour les décennies suivantes.

C’est en 1967 que démarre chez le carrossier Baur la production du cabriolet sans arceau qui illustre cet article.

Ce modèle, habitable et bien construit, n’existe qu’en 1600 cm3 même si environ 200 ex. ont été produits en 2 litres. Il souffre cependant d’un manque de rigidité et sera bientôt condamné par le renforcement des mesures sécuritaires américaines. Il est donc remplacé, dès 1971, par un cabriolet “targa” muni d’un arceau  et uniquement disponible en 2 litres.

Mais, depuis 1970, Paul Bracq a été nommé à la tête du bureau de style de BMW, la série 3 (E21) va bientôt faire son apparition et c’est un nouveau chapitre de l’histoire de BMW qui va s’ouvrir.

BMW 1600 cabriolet 1969 – photographie Marianne Waquier

En savoir + :

Si vous voulez, vous aussi, rouler en BMW 1600 cabriolet, il va falloir vous armer de patience car sa faible diffusion la rend difficile à trouver. Les BMW anciennes sont actuellement très recherchées et ce cabriolet ne fait pas exception à la règle. Il faut désormais compter entre 25 000 € et 35 000 € pour un exemplaire comme celui de Jean-Marie. C’est le prix à payer pour un modèle rare, historiquement intéressant mais utilisable au quotidien…

Sur ce sujet, je vous recommande le blog de Mathieu, très complet : www.m10-online.net

Et, bien entendu, un grand merci au BMW club de France

L’Auto-Portrait #04 vous racontera l’histoire de Manuel et de sa Vanden-Plas Princess…