Portrait d’Icône #02 :
Norton Commando 850 MK3 Fastback 1978,
« Le Commando de la dernière chance »

Norton Commando 850 fastback 1978 - photographie Marianne Waquier

Nous allons bientôt vous présenter une série de portraits d’icônes sur la réaction des constructeurs européens à l’irruption, en 1969, de la Honda CB 750. Nous démarrons cette série avec la Norton Commando car si elle a été présentée dès 1967, elle incarnait, à l’époque, le meilleur de la moto européenne.

 

Les plus avertis d’entre-vous s’interrogent déjà : une Norton Commando 850 en fastback ? Mais l’usine n’en a jamais fabriqué ! Et ils ont raison, c’est son propriétaire qui l’a voulue comme ça. Mais, commençons par un peu d’histoire…

Une gestation difficile :

Après la 2ème guerre mondiale, l’industrie britannique a souffert d’un manque chronique de moyens financiers pour développer de nouveaux modèles. En revanche, elle a toujours réussi à relancer ses ventes à peu de frais et ce modèle en est un parfait exemple. La Commando doit en effet remplacer l’Atlas 750 mais le constructeur n’est pas en mesure de financer l’étude d’un nouveau moteur. Or la première version de ce moteur, destiné à la Dominator, date déjà de 1948. Il est en bout de développement et il vibre terriblement ce qui engendre de multiples problèmes de fiabilité.

Mais les anglais sont désormais passés maître dans l’art d’accommoder les restes.

La 1ère bonne idée :

Et c’est Stefan Bauer (un ancien de chez Rolls-Royce) assisté de Bob Triggs qui va trouver la solution : Puisqu’il doit conserver le moteur, il décide de remplacer le cadre, le pourtant célèbre featherbed qui avait tant fait pour le réputation de Norton. Il dessine donc un nouveau cadre avec une épine dorsale très rigide et y suspend l’ensemble moteur/boite/transmission par l’intermédiaire de silent-blocs réglables. Ce système baptisé Isolastic, une fois correctement réglé, rempli parfaitement sa mission : isoler le conducteur des vibrations du moteur.

Norton Commando 850 MK3 fastback – photographie Marianne Waquier

La 2ème bonne idée :

La marque a donc réussi à camoufler le principal défaut de l’Atlas et il ne lui reste plus qu’à soigner l’esthétique. Elle fait appel à la toute récente agence de design londonienne Wolff Olins – et non Ohlins comme on le lit trop souvent – qui lui dessine un magnifique ensemble réservoir/dosseret de selle en polyester nommé fastback. Comment faire du neuf avec du vieux… La Norton Commando est présentée officiellement en 1967 au salon d’Earl’s Court et est unanimement saluée comme une réussite. Les lecteurs du magazine Motor Cycle News, un peu chauvins, lui attribueront le titre de Machine de l’année durant 5 ans, entre 1968 et 1972. Et sa production atteindra les 60 000 exemplaires.

Ce succès n’empêchera pourtant pas l’usine de fermer ses portes en 1976. Quelques exemplaires seront encore assemblés en 1977 et 1978…

Les dernières évolutions :

C’est le cas de la Norton Commando 850 MK3 que nous vous présentons aujourd’hui. Elle est de 1978 mais elle a été dotée, a posteriori, d’un habillage  fastback. La version 850, lancée en 1973, présente de nombreux avantages par rapport à la 750 originelle. L’augmentation de cylindrée, si elle n’augmente pas la puissance, améliore la souplesse et surtout la fiabilité grâce à ses carters renforcés. Elle reprend le frein avant à disque qui avait remplacé le tambour à double cames depuis 1972. Cette version inaugure également un système de réglage de l’Isolastic par tiges filetées autrement plus simple et efficace que son prédécesseur.

Et en 1975, le sélecteur passe à gauche ce qui facilite grandement la vie du pilote contemporain…

Sur la MK3 de 1975 apparaît également, pour la première fois, un démarreur électrique. Il est cependant peu efficace et il épuise rapidement la batterie. Sur notre exemplaire, ce démarreur électrique a pu être supprimé, Norton ayant prudemment conservé le kick. Comme beaucoup d’autres exemplaires, il est aussi doté d’un allumage électronique BOYER et d’un carburateur “Mikuni” qui remplace avantageusement les ”Amal” d’origine.

La NORTON Commando aujourd’hui :

Cette Norton 850 Commando fastback améliorée réunit donc le meilleur des 2 mondes : elle supprime ou atténue les principaux défauts de la 750 tandis que son habillage la rend encore plus désirable. Et elle conserve les qualités qui ont fait la réputation de la Norton Commando : sa finesse, sa légèreté, son couple et son bruit fabuleux. Malheureusement, comme souvent, le mythe à un prix et il faut aujourd’hui compter entre 8 000 € et 12 000 € pour y accéder. Voire 15 000 € pour un exemplaire exceptionnel…

 

Norton Commando 850 fastback 1978 – photographie Marianne Waquier

Pour en savoir + :

Le site officiel des Norton en France : le Norton Owners Club

Le Portrait d’Icône #03 est consacré à la BMW R90 S…