Sans Filtres #01 :
La mode du vintage,
« Victimes de la mode ? »

California #02 - photo Marianne Waquier

La mode, un phénomène étrange qui pousse la plupart d’entre nous à avoir envie de la même chose au même moment.

 

C’est ce qui se passe aujourd’hui avec le courant vintage. Et, bien sûr, les passionnés de la première heure se sentent un peu dépossédés.

Aujourd’hui, pas une série policière dans laquelle le héros ne roule pas en vintage. Pas une publicité – quel que soit le produit concerné – sans un véhicule ancien.

Ridicule ? Certainement. Mais le marketing a bien compris que c’était, pour les marques, le meilleur moyen de s’offrir une légitimité à peu de frais. Aujourd’hui, la culture “rock” s’est vidée de sa substance et n’est plus qu’une posture. Et il est assez pathétique de constater que les attributs de cette contre-culture (motos, cuirs, tatouages) sont désormais arborés, jusqu’à l’écoeurement, par certains de ceux qui les ont tant dénigrés autrefois.

Il y a cependant une raison de se réjouir. Quand la vague de la mode se sera retirée, il restera quelques nouveaux passionnés sincères. Ils vont régénérer le monde de la collection en s’entichant de youngtimers (voir Culture Club #01). Et ils n’hésitent pas à modifier des modèles mal-aimés comme les Honda CX ou les BMW séries K.

Pourquoi ne pas se féliciter qu’une nouvelle génération se mette à aimer ce qui nous passionne depuis si longtemps.

Mais, il y a aussi un revers à cette médaille. Cette mode rend la demande supérieure à l’offre et provoque la flambée des prix. Ce qui interdit désormais, à la plupart d’entre-nous, d’acquérir certains modèles devenus inaccessibles.

Mais l’engouement pour le “vintage” – qui ne concerne pas que les véhicules mais aussi les vêtements et le mobilier, entre autres – n’est pas qu’une mode éphémère. C’est aussi la manifestation de tendances plus profondes comme le développement durable et le refus de la surconsommation. Mais nous y reviendrons bientôt…

Et lundi prochain, le Portrait d’icône #03 : la BMW R90S…