Portrait d’Icône #03 :
BMW R90S 1975,
« Les samouraïs vont trouver à qui parler »…

BMW R90S 1975 - photo Marianne Waquier

C’est accompagné par ce slogan publicitaire provocateur que débarque, en 1973, la BMW R90S !

Quelle histoire !

A la fin des années 60, l’arrivée sur le marché des Honda CB 750 et Kawasaki Z 900 est un véritable séisme pour les constructeurs européens. Certains ne s’en remettront d’ailleurs pas. Ces nouvelles motos sont puissantes, bien finies et fiables. Mais elles sont surtout très sexy…

Moto-Guzzi et BMW, qui s’étaient un peu endormis sur leurs lauriers, décident de réagir. Moto-Guzzi ouvre les les hostilités et lance la V7 sport. Grâce à un nouveau cadre plus léger et plus rigide conçu par Lino Tonti, le célèbre V-twin transversal est transfiguré. BMW adopte une démarche différente : sa 90/6 vient de remplacer la série 5 et pour créer la R90S, quelques modifications mécaniques et esthétiques suffiront.

Quel coup de crayon !

C’est le designer Hans Muth qui est chargé de rendre la 90/6 plus attirante. Il dessine alors un carénage tête de fourche, un dosseret de selle – dont la légende prétend qu’il a été inspiré par Paul Bracq – et un réservoir aminci au niveau des genoux. C’est aussi une des premières BMW dépourvue de grippes-genoux. Et c’est tout ?

Pas vraiment, car son coup de génie, c’est le coloris silver smoke !

Il s’agit d’une peinture dégradée du gris métal au noir, rehaussée de filets dorés et appliquée à la main. Ce coloris et celui qui lui succédera en 1975 (l’orange Daytona) sont, en grande partie, responsables du succès de la R90S.

BMW R90S – photos Marianne Waquier

Quelles différences ?

Et au niveau mécanique, me direz-vous ? Peu de choses, apparemment : les habituels carburateurs Bing sont remplacés par des Dell’Orto de 38mm à pompes de reprises. Mais, si ceux-ci ne permettent de gagner que 7 cv, ils métamorphosent le caractère moteur. Leur effet se fait sentir vers 4 000 trs/mn et la zone rouge est repoussée de 500 tours à 7 000 trs/mn. Rajoutez à ça un freinage avant à double-disques – qui seront percés à partir de 1975 – et vous aurez fait le tour des modifications mécaniques.

A l’époque, BMW la présentait comme une sportive, conforté par ses victoires au Tour de France Moto et surtout à Daytona et au Tourist Trophy en 1976. Mais le temps passant, on apprécie la R90S pour ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : la référence des sport-tourisme. Ce que confirme son tableau de bord complet incluant une montre et un voltmètre. Malgré son prix élevé, elle se vendra à près de 15 000 ex. entre 1973 et 1976.

Cette R90S date de 1975 ce qui ne manquera pas d’étonner les plus attentifs d’entre vous.

A cette date, le coloris Daytona orange avait déjà remplacé le Silver smoke ! Mais ce dernier était encore disponible en option… C’est donc un des rares modèles 1975  – reconnaissables à leurs disques de frein percés et à leurs clignotants en plastique noir – à avoir été livré dans cette couleur.

Quelle folie !

BMW R90S 1975 – photo Marianne Waquier

Vous connaissez désormais notre amour pour les exemplaires conservés dans leur état d’origine et cette R90S en est un parfait exemple. Elle a été achetée en première main, à un policier, avec 53 000 km d’origine.  La femme de ce policier en possédait une, elle aussi, mais en Daytona orange ! Elle arbore tous les attributs de la routière-sportive de l’époque : Housse de réservoir, pare-cylindres avec projecteurs additionnels, supports chromés et valises “Krauser” et surtout les fameuses flûtes “Vattier”.

La R90S est, de nos jours, devenue une icône en collection. Et, comme ses concurrentes de l’époque, sa cote est délirante : entre 12 000 € et 15 000 € selon l’état. C’est un des effets pervers induits par la mode du vintage. L’enthousiasme des acheteurs se focalise sur quelques véhicules dont la valeur ne correspond plus à la rareté ou à l’intérêt historique réel du modèle. Mais il existe dans la gamme BMW un modèle tout aussi intéressant, encore plus abouti et lui aussi disponible dans des coloris originaux. Il s’agit de la R100RS et un bel exemplaire se négocie encore autour de 6 000 €. Mais dépêchez-vous, it’s now or never

Notre prochain Portrait d’Icône sera consacré à la DUCATI 900 SS de 1980. Rendez-vous le lundi 26 février !