Auto-Portrait #04 :
Manuel et sa VANDEN PLAS PRINCESS 1300 de 1973,
« la voiture de Monsieur est avancée… »

Vanden Plas Princess 1973 - photo Marianne Waquier

C’est typiquement le genre de modèle auquel on ne pense pas, mais dont on tombe amoureux au premier regard !

 

Et elle provoque la curiosité et la sympathie de tous ceux qui la croisent, quel que soit leur âge…

Manuel, son propriétaire, est un vrai motard. Mais, comme beaucoup d’entre nous, les belles voitures ne le laissent pas indifférent. Il a longtemps roulé en Mini et quand un ami lui a parlé de cette Vanden Plas automatique à vendre, son sang n’a fait qu’un tour ! Elle avait été restaurée quelques années plus tôt et était fournie avec un ensemble moteur/boîte mécanique ainsi qu’un important lot de pièces.

Une ancienne moderne :

Dans les années 60, le groupe BMC souhaite lancer une ​super Mini​ plus habitable et lance l’étude sous le nom de code d’ADO 16. L’idée s’avère excellente et quand elle est présentée en 1962, le succès est considérable. A l’exception de 1967, elle sera la voiture la plus vendue en Angleterre entre 1963 et 1971 ! Il y a 2 raisons à cela : Elle a été dessinée, plutôt joliment, par Pininfarina. Et, bien qu’elle soit dotée d’un coffre “classique”, sa ligne simple et moderne préfigure les compactes à hayon qui feront fureur à partir du milieu des années 70.

Mais, et c’est là que l’histoire se complique, elle est commercialisée sous 7 marques différentes : Austin, Morris, MG, Riley, Wolseley, Innocenti et enfin, Vanden Plas.

Elle reprend la conception novatrice de la Mini. C’est une traction avant à moteur transversal, ce qui lui permet d’être très spacieuse pour sa taille. Elle inaugure aussi la plus petite boite automatique du monde et la première associée à un moteur transversal. Cette boîte n’est cependant ni très agréable ni très fiable. Et à la première panne, Manuel a choisi de la remplacer par la boîte manuelle. Mais, les anglais ne faisant rien comme tout le monde, cela nécessite de changer aussi le moteur.

At last, but not least, ​elle est dotée de la suspension “Hydrolastic” qui combine ressorts en caoutchouc et fluide sous pression. Une suspension assez confortable mais qui offre un feeling particulier.

Vanden Plas Princess 1973 – photos Marianne Waquier

Vanden Plas, label de luxe :

Vanden Plas était un carrossier belge depuis 1870. Il devint anglais dans les années 20 et habillait principalement des châssis Bentley. Dans les années 60, comme la quasi-totalité des constructeurs anglais, Vanden Plas rejoint le groupe BMC. Il est alors désigné pour commercialiser, sous son nom, les versions “luxe” des modèles du groupe. Mais la Vanden Plas Princess n’est pas qu’une ADO 16 avec une calandre ostentatoire.     

Alors, la Vanden Plas Princess : Bentley du pauvre ou Mini des beaux quartiers ?

Elle possède surtout un intérieur magnifique mêlant tableau de bord en (vrai) bois et sièges partiellement revêtus de cuir. Tous les détails sont très soignés : des manivelles chromées pour régler l’inclinaison des dossiers aux compteurs Smith et à l’horloge Jaeger. Comble du luxe, des tablettes en bois vernis prennent place au dos des fauteuils avant. Du jamais vu sur un véhicule de cette catégorie ! En cela, elle préfigure d’ailleurs les citadines premium​ d’aujourd’hui.

Vanden Plas Princess 1973 – photo Marianne Waquier

La Vanden Plas Princess : le daily driver ​idéal ?

C’est possible, car si son look est délicieusement rétro, sa conception est moderne et elle supporte bien une utilisation urbaine. Bien sûr, elle est très sensible à la rouille comme la plupart des véhicules de cette époque. Mais sa mécanique commune avec la Mini et le grand nombre d’exemplaires produits rendent la plupart des pièces facilement disponibles. Cerise sur le gâteau, un bel exemplaire coûte environ 5 000 €. Voire moins en Angleterre, si le volant à droite ne vous rebute pas. Elle est donc moins chère qu’une Mini, plus habitable et surtout, beaucoup plus originale…