Sans Filtres #03 :
l’avenir du vintage,
« Jurassic cars »

California #04 - photo Marianne Waquier

Existera-t-il encore des collectionneurs de véhicules anciens dans 30 ans ?

 

 

Les prochaines générations vont-elles comme nous, se passionner pour les véhicules de leurs 20 ans ? On risque alors de voir alors fleurir des passionnés de PRIUS et de scooters…

Mais quel sera leur rapport à l’automobile et à la moto ? Dans le futur, avec le développement des mégalopoles, la densification du trafic et les dérèglements climatiques, ces véhicules vont-ils encore incarner le progrès et la liberté ? Ou bien, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, seront-ils plutôt synonymes de contraintes et de pollution ?

Les digital natives ne seront-ils pas plus émus en contemplant l’antédiluvien ordinateur de leur jeunesse ?

Je crois que le vrai changement viendra surtout du changement de leur rapport à la propriété. Les publicités n’affichent déjà plus le prix de vente des véhicules. Il est remplacé par les mensualités de la location. Vont-ils entretenir le même rapport affectif que nous avec des objets qu’ils échangeront automatiquement tous les 2 ou 3 ans ?

Une autre évolution devrait aussi changer la donne. C’est le rythme de renouvellement des modèles. Il n’y a pas si longtemps, la durée de vie d’un modèle atteignait souvent une douzaine d’années, voire plus. Ils avaient alors le temps d’imprégner durablement l’imaginaire collectif. Aujourd’hui, les constructeurs remplacent leurs véhicules tous les 5 ans tout en programmant un face-lift à mi-parcours. Sans compter le fait que les gammes des constructeurs comportent une pléthore de modèles afin d’occuper toutes les niches du marché

Et que feront ces futurs collectionneurs de leurs véhicules ? Il est certain qu’il n’auront plus le droit de les conduire en ville. Et soudain me vient une vision dans l’eau de Selz : une poignée de passionnés roulant en file indienne sur des routes dédiés, observés avec désapprobation par des badauds en masques à gaz ! Heureusement, c’est à ce moment-là que mon réveil a sonné…